Un groupe international de chercheurs a publié en juin 2026 la mise à jour des indicateurs du changement climatique mondial. Le rapport indique que le réchauffement d’origine humaine a atteint 1,37 °C en 2025. Selon les auteurs, si les émissions de gaz à effet de serre se maintiennent à leur niveau actuel, le seuil de 1,5 °C visé par l’accord de Paris pourrait être franchi d’ici quatre ans.
Plusieurs variables permettent de mesurer l’ampleur du réchauffement climatique et ses conséquences à l’échelle planétaire. Chaque année, un consortium de scientifiques internationaux, dont des membres du CEA et du CNRS, assure le suivi de 12 indicateurs issus du dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), parmi lesquels les émissions de gaz à effet de terre (GES), les températures maximales annuelles, le déséquilibre énergétique de la Terre, la hausse du niveau de la mer, les précipitations, etc. Tous les compteurs sont au rouge selon cette quatrième édition, et le réchauffement climatique a ainsi atteint son plus au niveau depuis l’époque préindustrielle.
Émissions et concentrations de gaz à effet de serre en hausse
En 2024, les émissions de gaz à effet de serre s’élevaient à 56,8 Gt eqCO2, contre une moyenne de 54,6 Gt eqCO₂ pour la décennie 2015-2024. 73% d’entre elles sont liées à la combustion des énergies fossiles. Le reste des émissions correspond essentiellement aux changements d’affectation des sols, à l’agriculture, à la production de ciment. En revanche, les scientifiques constatent que la croissance des émissions tend aujourd’hui à ralentir – signe que la transition énergétique prend de l’ampleur à l’échelle mondiale.
Sans surprise, les concentrations des différents gaz à effet de serre sont également en hausse. Le CO2 (dioxyde de carbone), le plus connu, n’est pas le seul dans l’équation, bien qu’il soit le plus gros contributeur au réchauffement climatique. On retrouve à ses côtés le méthane (CH4) notamment, ou encore le dioxyde d’azote (NO2). Les concentrations de ces trois principaux GES ont respectivement augmenté de 15,6 ppm (parties par million), de 70,2 ppb (parties par milliard) et de 7,2 ppb depuis 2019.
Le réchauffement climatique progresse
Cette forte hausse des émissions des gaz à effet de serre amène à un réchauffement climatique mondial sans précédent. « Ce réchauffement d’origine humaine a atteint 1,37 °C en 2025, soit une augmentation de 0,27°C par décennie », indique le rapport. « Ce rythme élevé est dû dans une moindre mesure, à la baisse continue des aérosols, notamment soufrés, dont l’effet refroidissant masquait une partie du réchauffement induit par les GES. La baisse des aérosols résulte notamment des mesures de lutte contre la pollution atmosphérique », souligne également le CNRS dans son communiqué.
Au rythme actuel, le réchauffement climatique mondial devrait franchir le seuil de 1,5°C autour des années 2030, voire avant. Pour avoir une chance sur deux de maintenir le réchauffement sous cette limite, l’humanité ne dispose plus que d’un « budget carbone » d’environ 130 Gt de CO₂. Autrement dit, les émissions cumulées à partir d’aujourd’hui ne devront pas dépasser ce volume. « Il convient de noter que le budget carbone sera épuisé en un peu plus de trois ans si les émissions mondiales de CO₂ se maintiennent aux niveaux de 2025 », révèlent les scientifiques.
Une année encore sur le podium des températures
On distingue le réchauffement climatique, qui correspond à la tendance de long terme de la température moyenne mondiale, des variations observées d’une année à l’autre. Ainsi, 2025 aura été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée depuis l’époque préindustrielle (entre 1850 et 1900). Par rapport à cette période de référence, la température moyenne mondiale de surface en 2025 était supérieure de 1,39°C. Néanmoins, 2024 reste, à ce jour, l’année la plus chaude jamais enregistrée. Et par la même occasion la première à avoir dépassé le seuil de 1,5°C.
De plus en plus de vagues de chaleur marines
Cette 4ème édition intègre un nouvel indicateur : le nombre de jours de vagues de chaleur marines. Ces phénomènes extrêmes peuvent impacter les écosystèmes marins et les systèmes socio-économiques qui en dépendent. Ils interférent aussi dans les échanges de carbone entre l’atmosphère et la mer, modifient les niveaux d’acidité et d’oxygène des océans et peuvent influencer la survenue des phénomènes météorologiques extrêmes terrestres. Depuis 1980, leur fréquence n’a cessé d’augmenter et entre 1991 et 2025, le nombre de jours de vagues de chaleur marines a plus que triplé. Les trois dernières années se distinguent particulièrement, avec des valeurs nettement supérieures à la moyenne observée au cours de la dernière décennie (58 jours).
Ces travaux, au même titre que les rapports du Giec, sont essentiels afin de garantir un suivi précis et continu du changement climatique. Les auteurs appellent à maintenir et renforcer les capacités de surveillance climatique, alors que celles-ci sont de plus en plus fragilisées par les tensions géopolitiques et certains choix de financement public •
Rédigé par François Terminet.
Image : Centrale thermique, Source : Pixabay



